Edito #158 en hommage à Philippe Couderc

Ce n’est pas à vous, abonnés depuis des lustres, amis activistes de la cause rock’n'roll ou lecteurs de la dernière heure, que je ferai le coup de la panne d’inspiration. Mais il est aussi difficile de prendre la plume pour faire la chronique d’une mort annoncée que tenir la barre d’un bateau pris dans la tempête.
En lançant ce journal le 1er avril 1987, nous voulions défier la suprématie de la presse rock officielle et tenter de partager notre vision de la musique aussi éclectique qu’élitiste, en plein mouvement alternatif. Si on faisait la liste des collaborateurs bénévoles (rédacteurs en chef, pigistes, illustrateurs, maquettistes, secrétaires de rédaction, stagiaires) qui ont permis à Abus de vous – nous ! – informer, étonner, faire rêver, voyager… on obtiendrait certainement un panorama assez complet de tout ce que le milieu underground français a compté d’activistes – jeunes et moins jeunes – depuis 30 ans. Je reste volontairement au masculin car à part moi, les filles qui ont laissé leur empreinte dans ces pages se comptent sur les doigts d’une main. Est-ce pour palier à cet état de fait que Philippe a signé autant d’artistes féminines au talent rebelle sur Vicious Circle et aidé de nombreuses femmes à trouver leur place dans un milieu indépendant plus équitable ?
Même s’il ne s’y exprimait que rarement depuis que nous avions passé le cap des années 2000, Abus était autant le journal de Philippe que le mien, que celui de la bande de plumitifs passionnés qui ont fait la richesse de ces pages et assuré sa longévité : 158 faces, quand même ! Depuis qu’il a tiré sa révérence au lendemain de la fête de la musique, nous avons cherché à comprendre comment ce petit grand homme faisait tenir sur ses épaules l’édifice tentaculaire formé par Vicious Circle (label et boutique), Reverberation (pressage et marchandising), Vicious Square (éditions) et bien entendu… Abus. Mais nous avons échoué à percer ses secrets.
Vous tenez donc entre les mains le dernier numéro d’Abus Dangereux, dédié à Philippe Couderc, son fondateur et Vincent Hanon, une de ses étoiles filantes, partis réécrire l’histoire du rock sous d’autres cieux.
We’ll meet again
Don’t know where
Don’t know when
But I know
We’ll meet again
Some sunny day

Cathimini

Cette entrée a été publiée dans Articles. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>